Posté le: 28 Oct 2008, 13:05
Re: remplissageBernard Cordier :
> "dphn" :
>
>> Bernard Cordier :
>>
>>> Le mot /complétion/ existe bien sûr en français, mais il n'est pas
>>> utilisé dans la langue courante.
>>
>> C'est quoi, cette bête-là : la langue courante ? Ce qui est courant
>> pour vous ne l'est pas forcément pour moi.
>
> C'est marrant ce refus de la langue courante.
Distinguo : ce n'est pas un refus de la langue courante, mais celui de
cette expression même de langue courante, qui semble sous-entendre
qu'il existerait un registre de la langue dont tous les termes, tous
les tours, toutes les finesses seraient parfaitement connus de tout un
chacun.
> Ou préférez-vous que je l'appelle langue standard, c'est à dire qui
> n'est ni soutenue, ni familière, ni régionale, et qui nous a été apprise
> de gré ou de force par un système d'enseignement centralisé qui détermine
> une forme de langage tel qu'il doit être enseigné et considéré comme une
> référence.
J'avoue que j'ai un faible pour le français standard car il constitue
précisément une référence (peu importent les raisons historiques grâce
auxquelles il a conquis ce statut), et que pour se comprendre les
hommes ont besoin de références communes. C'est la grande et principale
utilité de cette langue standard, à ne pas confondre avec la langue
courante qui n'a que des contours évanescents et flous, tandis que la
standard est contenue (corsetée, diront certains) dans un cadre précis
et rigoureux.
Mais il est évident que ce standard ne contient pas toutes les
possibilités de la langue et que des énoncés seront exprimés par
certains dans une langue plus riche ou plus subtile, qui ne sera pas
forcément maîtrisée par tous. On en a vu un exemple /criant/
récemment...
Il me paraît donc utile, avant de lancer un propos, de s'assurer qu'il
est dans une forme adaptée à l'auditoire, si du moins on a l'ambition
d'être compris de tous ses membres. Si l'on travaille dans
l'Administration, par exemple. Et je pense que ce n'est pas Kiriasse
qui soutiendra le contraire.
Toutefois, ce n'est pas non plus parce qu'on écrit qu'on souhaite être
compris de tout le monde ! L'écriture peut être un jeu, consistant à
lancer des formules qui pourront paraître bizarres à certains, mais qui
en feront sourire d'autres ; c'est ainsi que se reconnaissent entre
elles certaines personnes à l'insu de la plupart.
Mais ce n'est pas à vous que je vais apprendre ce jeu, puisque vous le
connaissez mieux que moi. Tout cela n'était qu'histoire de bavarder.
--
dphn